LE MAL DE L'AIR: LES POLLUTIONS DE L'AIR

 

Les pollutions extérieures    
Les effets de la pollution    ► Les acteurs des pollutions


NOS VIDEOS AIR:

L'air: généralités (6'28)

"Les pollutions" (3'28)

Les 5 Arnaques de l'Air (3'22)


« Je pense sincèrement que la pollution de la planète ce n'est pas aussi grave qu'on le dit...
C'est beaucoup plus grave qu'on le dit.
»
(Philippe Geluck)

 

Vu la composition relativement homogène de 99,97% de l'atmosphère (diazote, dioxygène, argon et dioxyde de carbone), à laquelle se rajoutent encore les gaz rares, il reste en théorie peu de place pour les différentes pollutions.

En pratique, l'air est toutefois chargée également d'humidité et de toute une série de fines particules appelées "aérosols" dont une bonne proportion peuvent être considérées comme polluants "anthropiques" c'est-à-dire d'origine humaine.

La loi française 96/1236 du 30 Décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (de son petit nom "LAURE") définit la pollution atmosphérique selon les termes suivants :

« Constitue une pollution atmosphérique au sens de la présente loi l'introduction par l'homme, directement ou indirectement, dans l'atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives. »

Pour LAURE, les polluants atmosphériques d’origine naturelle tels que les émissions volcaniques, les feux de forêt, les émissions en méthane des marécages, l'érosion éolienne, les déjections d'animaux (hors élevages) ou le pollen des plantes ne sont pas considérées comme des polluants au sens strict. Nous n'en parlerons donc pas ici.

LAURE, codifiée au Code de l’Environnement, établit en outre « le droit reconnu à chacun à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ».  Un peu plus tard, en 2005, la Charte de l'environnement précisait en article premier que « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ».

Vaste programme comme dirait l'autre et qui plus est inapplicable!  Car si cette loi était correctement appliquée, alors toute industrie et activité chimique serait interdite!  Exit les fabricants de désodorisants et de produits ménagers chimiques, les fabricants de voiture et de moteurs diesels, les revendeurs de meubles agglomérés, les parfums synthétiques, les marchands de colles et autres peintures, l'incinération des déchets, les fournisseurs de pesticides et même une bonne partie du chauffage dont les feux de cheminées à foyer ouverts!

100 000 substances chimiques et 100 fois plus de produits dérivés sont en circulation dans l'air européen et moins de 3% ont fait l'objet de tests de toxicité!  La production chimique a également explosée, passant de 1 million de tonnes dans les années 1930 à plus de 400 millions de tonne actuellement dans le monde.

On mesure ainsi l'hypocrisie d'une telle loi... alors que la pollution atmosphérique reste le problème environnemental le plus préoccupant pour au moins un tiers des citoyens! 

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'Association Nationale pour la Préservation et l'Amélioration de la Qualité de l'Air, de son petit nom Respire, ou encore Ecologie sans frontières utilisent l'intervention juridique comme principale forme d'action. Vous êtes victimes de la pollution de l'air ? Ces associations portent plainte en votre nom !


 

 

Les pollutions "extérieures"

Pour les pollutions "intérieures", généralement bien supérieures, voir Pollutions logements


Une prise de conscience spectaculaire eu lieu en décembre 1952 à Londres: le "Big Smoke" entraina le décès de plus de 4 000 personnes (8 000 selon certains), la plus grande catastrophe sanitaire liée à la pollution atmosphérique (hors rejets accidentels et massifs de produits chimiques)! 

Ces conditions épouvantables eurent simplement pour cause les fumées des industries et des logements privatifs chauffés au charbon, associés à des conditions météorologiques extrêmement froides et stables.


    

Londres en 1952


Plus de 60 ans plus tard, force est de constater que le problème de la pollution dans les grandes villes est loin d'être résolu. A chaque fois, c'est le même scenario climatique: pas de pluie, peu de vent, des nuits fraiches et des journées chaudes qui gardent les émissions polluantes proches du sol.

 

    

Beijing et Paris en 2014

 

Pour ceux qui voient mal dans le brouillard, le "Air Quality Index (AQI)" est heureusement là pour nous faire peur. Mesurant quelques substances aussi sympathiques que le monoxyde de carbone, le sulfure dioxyde, l'oxyde de nitrogène ou les particules fines des moteurs diesels, il permet de savoir s'il est possible d'accompagner son bébé ou son aïeul dehors ou s'il vaut mieux rester sagement assis devant sa TV.
 


Des mesures entre 50 et 100 sont typiques des zones urbaines. Les choses et les problème de santé se corsent à partir d'une mesure de 100.  Des alertes sont généralement lancées à partir de 150 ou 200, incitant les citoyens à rester chez eux ou, au minimum, à éviter les exercices physiques. Les transports publics peuvent devenir gratuits et la circulation automobile découragée ou ralentie. Au-delà de 300, la fermeture des écoles et des administrations est considérée comme une bonne idée. Evidemment, chaque pays (ou région) dispose de ses propres mesures, code couleurs et seuils d'alertes... ou pas!

Ainsi, la Chine considère le jaune comme étant "Good", l'orange comme "légèrement pollué" et le rouge comme "modérément pollué" et non pas "dangereux pour la santé" comme dans le tableau ci-dessus. Le maximum de l'échelle est fixé à 500 mais il est régulièrement dépassé (notamment en hivers) et atteint alors des taux quarante fois supérieurs au seuil d'alerte établi par l'OMS. 83% des Chinois respirent un air trop pollué tandis qu'habiter à Beijing équivaut à fumer 40 cigarettes par jour! Voir la vidéo Sous le dôme.

En Inde, les couleurs changent: le jaune reste vert avec la mention "satisfaisant" tandis que le jaune couvre des valeurs de 101 à 200 avec la mention "modérément pollué". Le "Severe" ne démarra quant à lui qu'à partir de 450...  Voir les différentes méthodes de classement selon les pays sur Wikipédia (en anglais).

En Europe, l'AQI se transforme en CAQI pour "Common Air Quality Index" avec un site internet "Air Quality in Europe" permettant un aperçu général de la situation.

Un calcul savant entre six polluants majeurs permettent de générer deux indices pour chaque ville concernée: l'indice "trafic" (situation à proximité des rues où le trafic est intense) et l'indice "de fond" (situation ambiante de l'agglomération concernée).

Une fois de plus, des compromis ont été faits vis-à-vis des normes: ainsi, la pollution est considérée comme "faible" jusqu'à un taux d'ozone de 120 µg/m3 / heure alors que l'OMS fixe un taux limite à 100 µg/m3 / 8 heures. Voir la grille de calcul. Mais cet index a au moins le mérite d'exister et de se décliner en indice horaire, journalier et annuel!


L'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), fixe en effet des valeurs limites pour quelques polluants atmosphériques, reprises plus ou moins dans les législations sur la qualité de l’air dans le monde entier:

Polluants Valeurs guide de l’OMS en moyenne Risques sur la santé
ou l'environnement
Origines
Monoxyde de carbone (CO)

na

Toxique par inhalation pour l'homme et pour les animaux à sang chaud. Se fixe sur l'hémoglobine et empêche le transport de l'oxygène dans l'organisme. Gaz mortel à forte dose. Egalement "précurseur" de l'ozone.

Combustion incomplète de carburants (gaz d'échappement)  et de combustibles et mauvaise aération. Métallurgie des métaux ferreux (38 %), chauffage (34%), routier (5%),...

NOx (Oxydes d'azote) dont le Dioxyde d’azote (NO2), à la fois polluant "primaire" et "secondaire" (oxydation du monoxyde d'azote par l'ozone) 40 µg/m3 / an
200 µg/m3 / heure
(pour le NO2)
Le monoxyde
d'azote (NO) n'est pas toxique mais le dioxyde génère des troubles respiratoires, une aggravation des crises d'asthme, une augmentation de la sensibilité aux attaques microbiennes et des bronchites chroniques chez les sujets fragiles.
Egalement "précurseur" de l'ozone.
Combustion à haute température des combustibles fossiles (charbon, fuel, pétrole): secteur routier dont moteurs diesel qui émettent deux fois plus que les moteurs essence (56%), chauffage (20%), industrie (11%) et agriculture (10%). Avions étrangement pas cités... Voir aussi l'effet de serre pour le protoxyde d'azote N2O.
Dioxyde de soufre (SO2) 20 µg/m3 / jour
500 µg/m3 sur 10 mn
Absorbé majoritairement via la gorge, il affecte les fonctions respiratoires et pulmonaires et entraîne essoufflement, toux et irritations (yeux, muqueuses). Responsable des pluies acides. Feux de forêt, utilisation de combustibles soufrés (charbon, fioul, gazole) et industrie dont les centrales thermiques (35%). Les rejets de dioxyde de soufre ont chuté de 85 % depuis 1980.
Ozone (O3), "polluant secondaire" car non émis directement dans l'atmosphère 100 µg/m3 sur 8 heures Protecteur dans la stratosphère, l'ozone entraîne à notre niveau des difficultés respiratoires, des irritations (yeux, gorge, inflammation pulmonaire, bronches,...) et une aggravation des crises d'asthme.
Perturbe la croissance des plantes et le rendement agricole.

Réaction chimique entre les oxydes d'azote (NOx), le CO et les composés organiques volatils (COV) + météo (température, rayonnement UV et vent faible notamment).

Particules "grossières" diamètre inf. à 10 µm (PM10 ), de la taille d'une cellule. 50 µg/m3 / jour
20 µg/m3 / an
Maladies cardio-vasculaires et respiratoires Chauffage domestique (29%), industrie (sidérurgie, incinération,...), BTP, agriculture et trafic routier (usure, gaz d'échappement, frottements...)
Particules "fines" diamètre
inf. à 2,5 µm (PM2.5 ),
de la taille d'une bactérie.
25 µg/m3 / jour
10 µg/m3 / an
Les plus dangereuses pour la santé car susceptibles de se loger jusque dans les alvéoles respiratoires: maladies cardio-vasculaires,  respiratoires (allergies, asthme), cancers,... Chauffage domestique notamment au bois (34%), industrie (31%), agriculture (21%) et transport dont moteurs diesels (14%)
Composés Organiques Volatils Non Méthaniques (COVNM) na Très variable selon les composés. Troubles respiratoires, irritations (yeux, nez, gorge, peau), réactions allergiques, troubles de la reproduction, cancer (benzène),...
Egalement "précurseurs" de l'ozone.
Les COV sont émis par quasiment tous les produits chimiques: essence, peintures, solvants, désodorisants, meubles agglomérés, produits de nettoyage...   Le secteur résidentiel est responsable de 38% des émissions.
Métaux lourds: Plomb (Pb), Mercure (Hg), Arsenic (As)Cadmium (Cd) et Nickel (Ni). na Contamination des sols et des aliments. Accumulation dans les organismes vivants et perturbation des mécanismes et équilibres biologiques. Industrie (métallurgie, chimie), ordures ménagères, chauffage et trafic routier (véhicules diesel catalysés).
Ammoniac (NH3) na Acidification et surfertilisation du sol d'où dommages aux écosystèmes Agriculture à 90%: rejets organiques de l’élevage (urine, excréments), épandage de fertilisants,...

Un micromètre (µm) est un million de fois plus petit qu'un mètre. Un microgramme (µg) un million de fois plus léger qu'un gramme.
Le dioxyde de carbone (CO2) n'est pas à proprement parler un polluant (il est non toxique) mais a une conséquence directe sur l'effet de serre.

En France, c'est l'indice ATMO (sur la base de l'arrêté du 22 juillet 2004 relatif aux indices de qualité de l'air et renforcé par le décret ministériel du 21 octobre 2010) qui permet de coloriser la qualité de l'air avec l'aide d'une sympathique girafe.

ATMO est basé sur une pondération savante de 4 polluants (dioxyde de soufre, dioxyde d’azote, ozone et les particules) mesurés, non pas par des girafes (quoique certains capteurs soient placés trop en hauteur), mais par une trentaine d'AASQA (Association Agréées de Surveillance de la Qualité de l'Air) répartis sur le territoire.

Cet indice a également le mérite d'exister et d'être géographiquement accessible via une carte interactive mais on remarquera que, contrairement au CAQI européen, il se focalise uniquement sur les PM10, particules inférieures à 10 µm et non spécifiquement sur les particules "fines" PM2.5, pourtant les plus dangereuses. Le taux d'ozone est également à nouveau loin des normes de l'OMS... et cela ne risque pas de s'arranger puisque son niveau a augmenté de 64% depuis 1996!
 


Les calculs savants pour l'indice ATMOS en France (susceptible d'évolutions)


Un examen attentif des Normes de Qualité de l'Air française, prenant en compte davantage de polluants, permet quelques remarques politiquement incorrectes:

  • "L'objectif de qualité sur le long terme" pour les particules grossières PM10 n'est que de 30 µg/m3 / an et la "valeur limite" de 40 µg/m3 / an alors que la norme de l'OMS est de 20 µg/m3 / an, soit deux fois moins! Or, selon Airparif, les conséquences sanitaires de la pollution aux PM10 sont comparables à un tabagisme passif constant...

  • En matière de particules fines PM2.5 , seul "l'objectif de qualité sur le long terme" est conforme aux indications OMS, soit 10 µg/m3 / an. La "valeur limite" est de 25 µg/m3 / an en 2015 avec une "valeur cible" de 20 µg/m3 / an correspondant à la Directive 2008/50/CE du 21 mai 2008, soit encore deux fois trop!  En mars 2011, l'étude Aphekom de l'Institut de veille sanitaire a démontré que la diminution des particules fines dans l’air des villes aux normes de l'OMS permettrait d’augmenter l'espérance de vie: plus 8 mois à Marseille (ville la plus polluée devant Paris et Lyon) par exemple.  En l'état, rares sont les villes à afficher moins de 20 µg/m3 / an... Or une augmentation de 10 µg/m3 à long terme entraînerait un accroissement de 6% de la mortalité générale!

  • Le seuil d'alerte pour le SO2 est de 500 µg/m³ pendant trois heures consécutives alors que la recommandation de l'OMS est de 500 µg/m3 sur 10 minutes seulement! La "valeur limite" est de 125 µg/m³, à ne pas dépasser plus de 3 fois par année civile alors que l'OMS indique une moyenne de 20 µg/m3 / jour. Très ambitieuse, la France table sur un "objectif de qualité sur le long terme" de 50 µg/m3 / jour!

  • En matière d'ozone, la "valeur cible" est un très rigoureux 120 µg/m³ sur "Huit heures en moyenne glissante" à ne pas dépasser, en moyenne sur 3 ans, plus de 25 fois par année civile! Rappelons que l'OMS recommande 100 µg/m3 sur 8 heures...

  • On ne trouve dans le tableau aucune indication limite en matière de Ammoniac (NH3). Surtout ne pas perturber l'élevage et l'agriculture productiviste  ?

  • Aucune indication non plus de la pollution radioactive (iode radioactive, plutonium, césium 137,...) qui officiellement - en tout cas pour la France - s'arrête toujours aux frontières... Pour remédier à cette situation iconoclaste, Madame Roseline Bachelot (oui, celle du scandale du vaccin contre la grippe), alors Ministre de la Santé, a signé un arrêté (le 5 mai 2009) permettant de recycler les déchets nucléaires... dans les bâtiments et biens de consommation courante (sauf 5 catégories), sur simple demande de dérogation des industriels. Voir le site de la CRIIRAD.

Comme le constate amèrement Franck Laval dans son livre Pollution de l'air: 63 millions de contaminés (2008), "Si les normes de l'OMS étaient respectées [à propos des particules fines], il devrait y avoir un déclenchement d'alerte près d'un jour sur deux avec même un jour sur quatre de restriction de circulation! Sans parler des taux de pollution dans le métro ou le RER parisiens qui dépassent régulièrement 4 à 5 fois les normes admises par l'OMS!"

En matière d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et notamment du benzo(a)pyrène, le seul HAP réglementé, la concentration moyenne à Paris est de 0,20 µg/m3 , inférieure à la valeur cible définie par la directive à 1 µg/m3 , sauf que ce seuil réglementaire est plus de dix fois supérieur à la recommandation de l'OMS établie à 0,12 µg/m3 !  Il est précisé dans la directice 2004: "Eu égard au rapport coût-efficacité, il n'est pas possible d'atteindre dans certains secteurs spécifiques des concentration [...] des HAP dans l'air ambiant qui ne représentent  pas un risque significatif pour la santé des personnes." (toujours dans le livre de Franck Laval).

Pour la Suisse, le site de l'Office Fédéral de l'Environnement (OFEV) publie la mesure des principaux polluants des 30 derniers jours ainsi que des cartes globalement rassurantes. On y notera néanmoins l'absence de mesure des "particules fines" PM2.5, curieusement assimilées aux "particules grossières" PM10... Si les normes de l'OMS étaient appliquées (10 µg/m3 / an), le vert serait en orange et le jaune en rouge... ce qui serait déjà nettement moins rassurant!

 

Pour le "fun", voici ce que donnerait grossièrement une carte avec les "particules fines" et la norme de l'OMS de 10 µg/m3 / an (pour autant naturellement que les mesures de la carte précédente correspondaient bien aux "fines"):

 

Une autre remarque concerne l'effet synergique des polluants, très rarement pris en compte (sauf de manière limitée dans les "Air Quality Index"), ne serait-ce que parce que la science est incapable de mesurer les interactions au-delà de trois molécules!  Mis à part l'Ozone "polluant secondaire" découlant d'un brassage de polluants par la météo, chaque carte présente donc généralement un polluant unique, ce qui a pour effet d'inciter à croire que la pollution est sous contrôle. Pour rassurer, un petit schéma simpliste vaut mieux qu'un discours scientifique précis!

Enfin, tout ce qui précède ne concerne évidemment que ce que l'on peut ou veut bien tester... Le projet REACH (Registration, Evaluation, Authorization and restriction of CHemicals) devait faire le ménage parmi les 100 000 produits chimiques relargués par les industriels mais, devant la pression des lobbies, « d'un dossier environnemental et sanitaire, REACH est devenu un dossier industriel. On est clairement passé de la volonté de protéger la santé et le cadre de vie à la sauvegarde des intérêts des industriels » selon  Gérard Onesta, vice-président du Parlement européen. Les industriels ont ainsi obtenu le droit de continuer à utiliser des produits cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction à partir du moment où ils pouvaient démontre qu'ils ne savaient pas les remplacer, qu'ils géraient le risque, et qu'ils étudiaient la conception de substituts...

Ainsi, Airparif suit une soixantaine de polluants atmosphériques parmi lesquels une quinzaine fait l'objet de réglementations françaises et européennes compte tenu de leurs effets sur la santé et l'environnement. Comme le reconnaît cette association "les polluants atmosphériques sont trop nombreux pour être surveillés en totalité" et il convient de toute manière de disposer "d'appareils de mesure adaptés à leur suivi régulier". Mais 60 sur les 100 000 substances chimiques potentiellement présentes dans l'air, le compte est faible: 0,06%!

Bref, on l'aura compris, les cartes ne sont pas représentatives des réels dangers tandis que chaque pays se retrouve confronté à des intérêts économiques qui l'incite à prendre parfois ses aises avec les recommandations de santé publique. En l'état, l'atmosphère - du fait de toutes nos pollutions - est globalement bien trop souvent pathogène! 

Chaque polluant possède son propre "temps de résidence" dans l’atmosphère selon sa réactivité chimique (son aptitude à se recombiner avec d’autres composés), la capacité de l’environnement à capter les polluants et les conditions météorologiques.  Les polluants ayant des temps de résidence longs, tels que l’ozone ou les particules fines, sont susceptibles de se déplacer sur de très longues distances au gré des masses d’air. Ainsi, certaines régions arctiques se retrouvent presque aussi polluées que des villes ! 

 

 

Les effets de la pollution

 

Nos poumons et nos cellules requièrent de 10 000 à 15 000 litres d’air tous les jours et jusqu’à quatre fois plus pour un sportif en exercice... Voir la section Respiration.

Au-delà des "pics de pollution", l’exposition quotidienne à des doses de substances chimiques, même faibles, provoque troubles respiratoires (asthme, angine, bronchiolite,...) et maladies cardio-vasculaires (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux, angine de poitrine,...), d'où la mort prématurée, en 2015, de 8,8 millions de personnes (dont 600 000 enfants de moins de cinq ans) tous les ans dans le monde!  80 % des décès liés à la pollution extérieure sont causés par des maladies cardiovasculaires. La pollution de l'air est ainsi devenue le principal risque environnemental pour la santé dans le monde ! 

 

 

Les régions les plus touchées sont l'Extrême-Orient (2,8 millions de personnes soit 172 décès pour 100 000 habitants) et le Sud-est asiatique (2,3 millions soit 124 décès pour 100 000 habitants). Ainsi, en Chine, 495 des 500 plus grandes villes ne respectent pas les normes de l’OMS. C'est toutefois Delhi, en Inde, qui enregistre la plus forte teneur en PM2.5 , les particules les plus dangereuses: 153 µg/m3 / an contre 89,5 "seulement" à Beijing.

L'Europe compterait toujours plus de 400 000 décès prématurés par an. Selon l'évaluation de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), l'exposition aux particules fines (PM2,5)a causé environ 417 000 décès prématurés dans 41 pays européens en 2018, en baisse toutefois d'environ 60 000 décès par rapport à 2009. Près d'un citadin européen sur trois était en 2012 exposé à des taux excessifs de particules en suspension dans l'air pour au moins trois polluants: dioxyde d’azote, ozone et PM10, ces dernières "particules grossières" étant globalement responsable d'une perte d’espérance de vie de 9 mois.

Chaque hausse de 10 microgrammes de PM2,5 /m3 entraîne notamment une augmentation de 6 % du risque de mortalité due à des maladies chroniques. Selon une étude nord américaine une augmentation de 10 microgrammes de PM10 /m3  se traduit quant à elle par une augmentation de 16 % du taux de mortalité global.  Ne pas suivre les recommandations de l'OMS au profit de l'activité économique n'est donc pas sans conséquence...  Ironiquement, la pollution de l'air entrainerait tous les ans environ 100 millions de jours de congés maladie par an.  Quand la croissance économique nuit à la croissance économique...

Selon le rapport « Qualité de l'air en Europe — rapport 2020 », seuls quatre pays d'Europe (l'Estonie, la Finlande, l'Islande et l'Irlande) affichaient des concentrations de particules fines (PM2,5) inférieures aux valeurs guides plus strictes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il y a donc encore du travail !

Selon une méta-analyse d’études internationales (de Pologne, République tchèque, Brésil, États-Unis), les polluants communs de l'air auraient un impact sur différentes étapes de la reproduction humaine masculine et féminine. Il en va de même pour les pesticides et une bonne proportion des produits chimique relargués. De fait, au moins 15% des couples sont désormais stériles...

L'asthme a également progressé de 40% en 40 ans et touche en France près de 4 millions de personnes. En cause ?  Le trafic routier, les moteurs diesels et leurs fumeuses particules fines...

Enfin, un certain nombre de polluants de l'air - notamment les COV de nos habitations et les particules fines - ont été classés cancérigènes... ce qui n'est pas vraiment une surprise ! Aucun chiffre par contre sur la mortalité liée à la pollution de nos logements, pourtant bien supérieure dans nos contrées à celle de l'atmosphère...
 


Au niveau de la France, quelques statistiques collectées et mises en image par l'association AIRAQ:

  • 72% des français se sentent menacés et perçoivent la pollution atmosphérique comme un réel danger pour la santé. Il est dommage qu'ils ne perçoivent pas davantage les dangers des différentes pollutions intérieures...

  • 45% sont victimes ou gênés par la pollution de l'air.

  • En 2011, 12 millions de français ont vécu dans une zone exposée aux dépassements des valeurs limites de concentration en PM10.

  • 42 000 morts prématurés seraient attribuables à l'exposition aux particules fines, l'équivalent de la population de la ville de Bayonne (64).

  • 3,5 millions d'asthmatiques.

  • 50 000 personnes souffrent d'insuffisance respiratoire grave.

  • 30% présentent une allergie respiratoire.

  • Le coûts sanitaires liés à la pollution est estimé entre 20 et 30 milliards d'euros soit 400 euros par habitant (233 milliards au niveau européen soit 513 euros par habitant).

  • Risque de condamnation par la Cour de Justice de l'Union Européenne pour non respect des normes de la qualité de l'air et dépassement des valeurs limites des particules en suspension avec une amende estimée entre 10 et 30 millions d'euros et une astreinte entre 150 000 et 300 000 euros par jour de dépassement.

Les populations les plus sensibles sont naturellement les enfants (et notamment parce que les seuils sont toujours définis pour les adultes), les personnes âgées et les personnes atteintes d'affections respiratoires dont l'asthme. Moins naturellement, citons les sportifs durant la pratique d'une activité physique intense (en salle, en ville ou en bordure de routes) et les fumeurs. La sensibilité aux polluants varie toutefois selon les individus et le bon fonctionnement ou non de leurs systèmes immunitaires (hygiène de vie, nutrition, vaccinations,...). Voir Solutions.

 

Les plus gros risques "extérieurs"

Petit listing des pires situations, mis à part évidemment le fait d'habiter dans une mégalopole chinoise ou indienne:

  • Proximité d'un aéroport (dans un rayon de 5 km), "zone de non-droit en matière de pollution" selon Franck Laval. Les émissions de NOx (oxyde d'azote) par les avions représentent 30% des contributions annuelles...

  • Proximité d'un périphérique, d'une rocade ou d'une autoroute

  • Proximité d'un incinérateur, principales sources des polluants organiques persistants (POP): + 18% nickel et arsenic, +34% cadmium et mercure entre 2004 et 2005 par exemple (Source CITEPA)

  • Travailler dans le métro ou le RER (mais y voyager régulièrement n'est pas terrible non plus...): les concentrations en particules fines présentent des taux moyens de 150 à 300 µg/m3 avec des pics à 500 µg/m3 aux heures de pointe dans le métro et à 800 µg/m3 dans le RER A. Rappelons que le seuil d'alerte de l'OMS est de 25 µg/m3 !

  • Habiter dans une vallée traversée par un fort trafic routier, comme par exemple la vallée du Mont Blanc à cause de son fumeux tunnel. L'air y est tellement mauvais que l’Union Européenne menace désormais la France de rudes amendes... Lire article de Respire.

  • Côté ondes électromagnétiques, habiter à proximité d'une ligne haute tension mais, sur ce sujet, voir plutôt www.protection-ondes.ch

 

Globalement, on distingue les risques à court terme (troubles respiratoires et irritations sachant que les poumons sont les organes les plus exposés aux agressions en rapport avec l’environnement) des risques à long terme, autrement plus sérieux: diminution globale des facultés respiratoires, hypoxie (manque d'oxygène au niveau des cellules) entrainant une baisse générale de la vitalité et des fonctions immunitaires, maladies cardio-vasculaires, fibrose des poumons, dépression, baisse de la fertilité, cancers (en augmentation de 1 à 2% par an chez l'enfant!),... Toutes ces pathologies sont évidemment multifactorielles (qualité de l'eau, contamination aux métaux-lourds, soins médicaux dont vaccination, nutrition, hygiène de vie et un tout petit pourcentage de prédisposition génétique) mais l'air étant la première source d'énergie de nos cellules, il demeure en tête des fondamentaux de la santé et de la vitalité.  D'où l'expression "Vous n'avez pas l'air bien" ?



Chez les animaux
, l'impact le plus médiatisé est celui des abeilles (voir la campagne de Greenpeace) lié notamment à certains types de pesticides et insecticides mais on observe un déclin généralisé des populations pollinisatrices, d'où un accroissement des pollens et des allergies respiratoires qui y sont liées. N'oublions pas en effet que les animaux ont un sens de l'odorat plus développé et seront donc plus sensibles aux variations de la qualité de l'air.  Ainsi, si les odeurs florales se dispersent sur des distances pouvant dépasser le kilomètre dans un air pur, 50 % du parfum d’une fleur est perdu avant d’avoir parcouru 200 m dans un air pollué. Les problèmes de fertilités de l'homme se retrouvent également au niveau de certaines espèces (lézards, serpents, amphibiens, certains mammifères,...).

Au niveau des plantes, les pluies (neiges ou brouillards) acides, très marqués dans les pays nordiques à la fin des années 60 et liées essentiellement au dioxyde de soufre (SO2) et à l'oxyde d'azote (NOx), ont un impact spectaculaire sur les forêts mais, de manière plus insidieuse, la pollution et l'acidification des écosystèmes affectent également des espèces réputées primitives et résistantes tels que le lichens, les algues ou les champignons, en forte régression dans les zones urbaines ou d'agriculture productiviste.

En 2004, 15 % des écosystèmes naturel ou semi-naturel de l’UE étaient concernés par des retombées acides critiques tandis que 47 % de ses espaces d’écosystèmes naturels ou semi-naturels étaient soumis à une eutrophisation (excès chroniques de nutriments) induite par la pollution azotée de l'air.


    

Les pluies acides


Nous ne nous attarderons pas sur les effets des pollutions au niveau des bâtiments (corrosion, noircissement, encroûtement, voir Wikipedia) mais terminerons par l'effet potentiellement le plus problématique puisque qu'affectant la planète dans son ensemble: la perte de la couche d'ozone protectrice... que nous développons dans la section Atmosphère.

 

 

Les acteurs des pollutions

 

Désolé mais nous avons tous une part de responsabilité, appréciable via trois facteurs majeurs:

  • Le chauffage au bois: En hiver, de 50 à 70 % de la masse des aérosols carbonés provient de la combustion de biomasse. C'est la raison pour laquelle de plus en plus d'Etats interdisent les feux de jardins et se penchent sur la limitation des feux de cheminées, notamment les foyer ouverts aux piètres performances énergétiques au regard de la pollution engendrée. Selon l’OMS, la combustion du bois dans les petits appareils domestiques serait en 2020 et en Europe la principale source de particules fines (PM2.5), les plus dangereuses pour la santé.

  • L'utilisation de la voiture (notamment Diesel):  Les véhicules sont responsables de deux types d’émissions dans l’atmosphère : les polluants de l’air composés de gaz toxiques (monoxyde de carbone, oxydes d’azote,...) ou de particules nocives et le dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre. La règlementation s'est surtout penchée sur l'émission de CO2, occultant en particulier les véhicules diesel non équipés de filtres à particules qui représentent pourtant encore les 2/3 du parc automobile en France... Selon Frank Laval, les moteurs diesels sont responsables de 43% des émissions de particules fines en Îles-de-France et, selon l'INRETS, les émissions des véhicules diesels récents devraient être réévaluées de +39%! L'OMS évalue à 500 000 le nombre de personnes décédées prématurément dans le monde à cause des émissions dues au seul diesel. Ces moteurs diesel, du fait de leur fonctionnement à plus haute pression, émettent également deux à trois fois plus d'oxydes d'azote (NOx) que les moteurs à essence. A noter toutefois qu'un avion au décollage produit en moyenne 14 kg d'oxyde d'azote, soit l'équivalent de 2 000 voitures diesel parcourant 25 km...




Moteur diesel d'un camion © R. Bourguet / Ademe

 

  • Notre consommation de produits chimiques: gadgets et matériaux en plastique, parfums synthétiques, produits d'entretiens, colles, peintures, moquettes, meubles agglomérés, médicaments (responsables d'au moins 18 000 morts tous les ans en France), aliments de l'agriculture productiviste grande consommatrice de pesticides...  Chaque utilisation d'un produit chimique ou industriel pollue un peu plus notre air (et notre eau). Difficile de s'en passer ?  S'il est en effet compliqué d'éviter tout le plastique (bien qu'une réduction de la CONsommation entraînerait nécessairement une baisse du gaspillage), remplacer un produit polluant par un produit vertueux ne revient pas forcément beaucoup plus cher au regard de ses avantages... Tout est une question de choix et de priorités... « Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne les achètent plus pour que ça ne se vende pas ! » disait Coluche...

 

Le rôle de la météo

Le soleil et la température:
La température modifie la chimie des polluants : le froid diminue la volatilité de certains gaz (mais augmente la pollution liée au chauffage) tandis que la chaleur favorise la formation photochimique (liée au soleil) de l’ozone, plus abondant ainsi en été.

Le vent:
La force du vent joue sur la dilution et la dispersion des polluants tandis que sa direction... l'oriente. Eh oui, c'est incroyable mais c'est comme ça! Du coup, la pollution est disséminée un peu partout, sauf lorsque des frontières l'arrêtent comme dans le cas de la pollution radioactive de Tchernobyl en France.

La pluie:
Elle permet de lessiver l'air en dissolvant les molécules de dioxyde de soufre et d'oxydes d'azote dans l'eau. L'air est purifié mais les pluies deviennent acides...

La pression atmosphérique:
Les situations dépressionnaires, de forte turbulence, facilitent la dispersion. Au contraire, les fortes pressions des situations anticycloniques induisent une stabilité propice à l’accumulation.


Les brises locales:
Le jour, sous l’effet du rayonnement solaire, la terre se réchauffe plus vite que la mer : une brise de mer vers la terre apparaît. La nuit, le phénomène s’inverse (la terre se refroidit plus vite que la mer) et la brise souffle vers la mer.

 

La responsabilité des consommateurs modernes étant rappelée ce sont donc bien les politiques et les industriels - via leurs choix de société et leurs politiques de croissance tout azimut et de gaspillage - qui sont les premiers responsables des pollutions de l'air et de l'eau:

La course à la croissance et au confort entraîne un besoin toujours plus grand en énergie. La Chine est ainsi devenu en 2006 le pays le plus émetteur de CO2 (et de dioxyde de souffre) avec plus de 20 % des émissions globales (6 milliards de tonnes), devant les Etats-Unis.  C'est également le premier marché automobile mondial depuis 2009 avec un parc en augmentation de 20 millions de véhicules tous les ans! Mais les chinois ont "l'excuse" d'une croissance à rattraper à coup de centrales d'un autre âge: le charbon représente encore 69 % de la production énergétique chinoise. Les Etats-Unis, avec moins d'1/3 de la population chinoise seulement, toutes les maîtrises technologiques possibles et une délocalisation - en Chine notamment - d'une bonne proportion de leurs industries polluantes, sont quant à eux en vitesse de croisière... et, demeurent par habitant, parmi les premiers pollueurs de la planète avec 16,5 tonnes par habitant (contre 40,37 tonnes pour le Qatar, numéro un mondial, 6,18 pour la Chine, 5,75 pour la France ou 5,06 pour la Suisse. Voir la liste des pays). 

Toute industrie, chimie et pétrochimie, toute fabrication entraîne la libération de substances chimiques toxiques dans l’atmosphère. C’est le cas évidemment des objets en matières plastiques dérivés du pétrole mais c'est aussi le cas de tous les gadgets électroniques dont les composants sont excessivement polluants à la production et au recyclage. En théorie, les industriels sont soumis à des normes. En France, par exemple, un Registre des Emissions Polluantes recense les principaux polluants, les secteurs d'activité et les établissements pollueurs. On y apprend ainsi qu'en 2013, les 380 centres d'élevages "déclarants" (quid des autres ?) ont "déclaré" avoir rejeté 6,9 millions de kg d'Ammoniac NH3 sur un total de 24,9 millions de kg, soit 27% du total. Globalement, les 10 000 établissements considérés comme les plus polluants d'Europe auraient « coûté aux citoyens de 102 à 169 milliards d'euros » selon le rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) dont la moitié due aux seuls 191 établissements les plus polluants!

 

         

A gauche la carte de toutes les activités polluantes en France.
Au milieu, celle des seules activités liées au traitement des déchets. A droite, celle des élevages.

 

L'agriculture productiviste ne figure curieusement pas dans les secteurs d'activités reconnues dans le Registre français, au contraire des élevages. Ceci afin de ne pas peindre toute la carte en rouge ?  L'agriculture compte bien officiellement parmi les premiers secteurs émetteur de gaz à effet de serre: le protoxyde d’azote (épandage d’engrais azotés), le méthane (produit par le système digestif des ruminants et la fermentation anaérobie des lisiers ou fumiers) et le dioxyde de carbone (engins mécaniques, chauffage et climatisation des élevages). Peu de données par contre sur l'effet des pesticides... et tant pis pour les abeilles!

Le culte de la voiture enfin, tellement rentable aux pouvoirs publics et à la croissance qu'il serait inconvenant de ne pas s'émerveiller devant les dernières prouesses technologiques, de ne pas fantasmer sur la "voiture propre" du futur... Rappelons quand même que la Prius de Toyota a un bilan énergétique supérieur de 50% au monstrueux 4x4 Hummer (qui dit deux moteurs dit deux fois plus de pollution), que la vitesse moyenne d'une voiture en ville est de 14 km/ h  et que la voiture ne pollue jamais autant que dans les embouteillages. Bref, la voiture, aussi pratique et ponctuellement nécessaire soit-elle, ne sera jamais propre et bénéfique à l'environnement!  Globalement, la pollution liée au transport routier coûterait au moins 100 milliards d’euros tous les ans en Europe, dont 45 milliards pour les seuls camions. De l'intérêt de consommer local ?

 

Que faudrait-il faire ?

Malheureusement pas grand chose à faire au niveau individuel (contrairement aux pollutions intérieures) à part limiter sa consommation et mieux choisir sa voiture (ou vélo). Et aussi quand même militer, via une association, pour que les politiques prennent la mesure du problème et mettent en place de vraies mesures:

  • Stopper les subventions au diesel et décourager l'achat de ce type de véhicules.

  • Limiter la vitesse sur autoroutes à 110 km/h.

  • Multiplier les parking en ville (ou mieux encore aux abords des villes) pour éviter de tourner à la recherche d'une place.

  • Plus radical, taxer ou interdire l'accès aux centres villes et améliorer l'offre des transports publics (jusqu'à la gratuité ?) via des véhicules aussi propres que possible.

  • Faire véritablement payer les industriels, sur le principe du pollueur-payeur.

  • Imposer un test de nocivité des substances chimiques (le projet REACH n'est pas assez contraignant) et interdire les substances problématiques.

  • Interdire les feux de cheminées via les foyers ouverts (mauvaises performances énergétiques).

  • Planter des arbres et multiplier les parcs et jardins publics.

  • Se baser sur les normes de l'OMS pour les mesures des pollutions et ne pas oublier les aéroports.

  • Supprimer les indicateurs de seule croissance économique (PNB) au profit d'indicateurs prenant en compte la qualité des fondamentaux (air, eau, ondes, nutrition...) et le mieux-être des citoyens.

 

Sources (d'information):
Wikipedia
http://www2.prevair.org/
http://www.bafu.admin.ch/luft/index.html?lang=fr 
http://www.futura-sciences.com
http://www.airparif.asso.fr/
http://www.mtaterre.fr/

http://www.atmo-france.org
http://www.airaq.asso.fr/

http://www.airfobep.org
Franck Laval, Pollution de l'air: 63 millions de contaminés, Editions du Rocher, 2008

 

 

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