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Les règles de base

N'en déplaise à certains "experts" nutritionnistes qui aimeraient bien nous vendre leurs
recettes et livres de régimes, s'alimenter correctement n'est ni difficile ni coûteux...
pour autant que l'on s'oriente vers le bon sens du naturel!

 

Les écueils à éviter

Non, tous les aliments ne sont pas sains et tous les additifs chimiques sont problématiques.
Arriver à dépasser les manipulations du marketing est
la première étape sur le chemin de la liberté nutritionnelle...

 

L'eau et la vie!

Principal constituant du corps humain (70%!), l'eau est un facteur de santé et de vitalité de tout premier ordre. Sa qualité "organique" laisse toutefois souvent à désirer, tant au robinet qu'en bouteille. Découvrez comment faire retrouver à l'eau sa pureté et sa vitalité originelle!

 

Les compléments alimentaires (prochainement)

Inutiles en théorie dans la cadre d'une alimentation équilibrée, les compléments naturels se révèlent dans la pratique souvent indispensables. Comment faire le bon choix entre les attrapes-gogos chimiques et les bons produits au naturel?

 

 

 

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« Dis moi ce que tu consommes, je te dirais qui tu es »
Je te dirais aussi comment tu te sens…

Dans une stratégie globale de bien-être, la santé devrait globalement primer sur les trop brefs plaisirs des sens : un bon aliment est moins un aliment qui sent bon qu’un aliment qui apporte à l’organisme ce dont il a besoin en nutriments et autres vitamines ! Or la forme (de l’emballage aux arômes) l’emporte encore trop fréquemment sur le fond. Les deux challenges à relever sont donc les suivants :

► S’alimenter plus naturellement
► Utiliser des aliments plus naturels

Il n’est pas question de discuter de vos goûts personnels et les quelques règles qui suivent relèvent davantage de suggestions que d’obligations. Idéalement, il conviendrait d’essayer de les respecter mais il ne faudrait surtout pas culpabiliser : un bon dîner au restaurant de temps en temps et des menus plaisirs réguliers permettront de faciliter l’hygiène alimentaire du quotidien…

Alimenter correctement nos cerveaux

Notre estomac est un organe central. Chez les asiatiques et nombre de thérapeutes, le ventre est le siège des émotions, d’où par exemple les expressions « la peur au ventre » ou « l’estomac noué ». Pour d’autres, il s’agit du deuxième cerveau : les 300 mètres carrés de l’intestin contiennent de 60 à 80% de toutes nos cellules immunitaires et 100 millions de neurones, soit autant que la moelle épinière (le dos, troisième cerveau). « Le ventre est le siège de la peur et du stress et c’est pourquoi tout bon thérapeute doit vérifier l’état du ventre de son patient. Une bonne respiration et alimentation permettent de prévenir la plupart des maladies » rappelle mon épouse Fencienne à ses élèves en massages chinois.

D’une manière générale, nous mangeons trop : les calories ingérées excèdent largement nos besoins physiologiques. Réduire sa consommation permettra de préserver son organisme d’un surcroît de travail et donc, logiquement, de vivre plus longtemps. « Vous adorez manger ? Moi aussi. Vous voulez savoir comment manger beaucoup ? Alors écoutez-moi : mangez peu. Ainsi vous vivrez assez longtemps pour manger beaucoup » conseille avec humour Anthony Robbins dans son livre Pouvoir illimité (1)

Les dernières études semblent lui donner raison. Avec proportionnellement trois fois plus de centenaires qu’en France ou aux Etats-Unis, c’est dans l’île d’Okinawa, au sud du Japon, que l’on vit le plus vieux. Or l’apport calorique moyen n’est là bas que de 1800 kilocalories (kcal) par jour, contre 2300 en France et 2500 aux Etats-Unis. Ils avalent pourtant plus de nourritures que nous ! Cette apparente contradiction tient à la densité calorique des aliments et au fait que le sentiment de satiété repose moins sur la teneur en calories que sur la quantité d’aliment servis: les légumes frits, riz complet et autres soupes miso qui composent le repas traditionnel d’Okinawa sont plus consistants et riches en fibres que nos hamburgers et autres pizzas tout en étant moins calorifiques (2)

Ne pas tomber dans le foodamentalisme

Les règles de nutrition changent sans arrêt ! Chaque jour donne naissance à une nouvelle méthode, basée sur des révélations scientifiques plus ou moins bien extrapolées. Chaque semaine, des règles anciennes sont remises en cause. Et chaque mois, les magazines féminins proposent le dernier régime miracle. Difficile de s’y retrouver alors que même les nutritionnistes (dont les diplômes ne sont en France ni standardisés ni reconnus) ne s’accordent pas sur les détails…

Rappelons que chacun possède son propre métabolisme et que ce qui est vrai pour l’un ne le sera pas forcément pour l’autre. De plus, les combinaisons entre les différents aliments et les interactions avec notre organisme sont loin d’avoir fait l’objet d’études exhaustives : nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises…

« Que ta nourriture soit ton médicament et ton médicament ta nourriture » recommandait Hippocrate. Certes, mais le plaisir de la table a également son importance et avaler des pilules n’a vraiment rien de réjouissant. De même qu’avec la santé, il ne faudrait donc pas tomber dans le « foodamentalisme » et stresser en face de son assiette. Les aliments sont la vie mais ne devraient jamais dicter nos vies !

Nous ne vous suggèrerons donc pas de devenir végétaliens : cela supposerait de bonnes connaissances en nutrition de manière à ne pas créer de carences en protéines, minéraux et vitamines. De même, la grande majorité des aliments que nous consommons, à défaut d’être bons pour la santé, ne sont heureusement pas nocifs en soi. Tout est question de dosage : « Tout est poison, rien n’est poison » disait Paracelse. Le café et le coca-cola étaient des médicaments à la base ! C’est notre surconsommation qui les rend dangereux.

Ceci étant rappelé, certains additifs alimentaires et certaines pratiques productivistes sont clairement déconseillés. S’il est difficile de tous les supprimer (à moins de changer de crèmerie ou de planète), il sera fondamental, dans une optique de liberté de choix, d’être au moins capable de les localiser… Voir la "boussole alimentaire" de la section Malbouffe.

Sources:
(1) Anthony Robbins, Pouvoir Illimité, Editions Robert Laffont, p. 181-182
(2) Thierry Souccar, Manger moins pour vivre vieux, Sciences et Avenir, Septembre 2004

 

La malbouffe industrielle

Non, tous les aliments ne sont pas sains et tous les additifs chimiques sont problématiques. Arriver à dépasser les manipulations du marketing est
la première étape sur le chemin de la liberté nutritionnelle...

Les suggestions - pièges du marketing

Nous avons tous remarqué qu'il y avait une différence notable entre la présentation officielle du produit et ce que l'on retrouvait dans son assiette…

Les industriels ont l’obligation de faire figurer sous leurs photos la mention « suggestion de présentation » mais certains en usent et en abusent… De la présentation proprement dite c’est-à-dire de tout ce qui illumine et décore l’assiette, nous sommes en effet insidieusement passés à la préparation elle-même, qui ne devrait pourtant pas porter à confusion sous peine de « publicité mensongère ».

Un petit schéma valant un long discours, le site allemand Pundo a eu la bonne idée de photographier le packaging, la photo « officielle » et le résultat « réel » dans l’assiette. La différence saute aux yeux. Présentée avec plein de petits légumes sur le packaging, le riz se retrouve ainsi privé de tout… sauf d’un petit pois. Pas de doute : les industriels nous prennent vraiment pour des légumes !

Dans le film "Chute libre", Michael Douglas oblige un manager de fast-food – sous la menace d'un flingue – à reconnaître les différences entre le hamburger servi et les photos au-dessus des caisses… mais les non-violents feraient mieux de traiter le problème à la source et d’éviter le plus possible la basse-cour industrielle. Pour ne pas tomber dans le panneau publicitaire, le mieux est encore de ne pas trop s’approcher !

Mais il n’y a pas que le travail sous Photoshop qui permet de rouler le consommateur dans la farine raffinée et l’on retrouve la « suggestion de présentation » sous divers autres travers :


La suggestion de la nouveauté

« De nombreux clients se font piéger et n’hésitent pas à payer deux fois plus cher un simple produit de base uniquement en raison de son emballage. Au pays de la grande distribution, l’habit ferait-il le moine ? » s’interroge Florence Humbert du magazine Que Choisir. (Février 2005, p. 48)

Les nouveautés n’ont souvent de nouveauté que le nom. « L’innovation marketing mineure» est en effet la meilleure technique pour augmenter les prix sans trop mécontenter les consommateurs: un nouveau packaging, une campagne de pub bien ficelée et la disparition des anciens produits laisseront peu de choix aux fidèles clients et en attireront peut-être de nouveaux.

La suggestion des vertus santé du produit

« L’effet le plus avéré de ces produits est un allègement… du porte-monnaie des consommateurs. Selon les spécialistes du secteur, un alicament est en effet vendu en moyenne 50 à 100% plus cher que le produit standard équivalent. Parfois, c’est carrément le triple du prix normal, sans que cette inflation soit justifiée par le coût des ingrédients utilisés. La facture est d’autant plus salée qu’il faut, dans la plupart des cas, consommer ces produits régulièrement pour ressentir l’effet promis. Prenez Essensis, le yaourt lancé il y a un an par Danone. […] Pour que ce soit efficace, le géant des produits laitiers préconise de manger deux de ses petits pots roses par jour. Soit une facture d’environ 35 euros par mois. » (Cédric Pietralunga, Capital, Avril 2008, p.67)

Alicaments à part, les consomm’acteurs les plus avertis connaissent les saloperies chimiques dont sont richement dotées la plupart des préparations industrielles : exhausteurs de goûts, aromes, conservateurs, édulcorants, graisse hydrogénée, sucre raffiné,… (voir les différentes rubriques de cette section!) Lorsque que « l’être » est aussi nauséabond, on comprend qu’il soit opportun de mettre l’accent sur le « paraître » !

Enfin, last but not least, la suggestion d’expertise!

Quand une nutritionniste recommande l’aspartame au motif que le produit est « très festifs, mais acalorique », ou conseille la crème fraîche sur l’huile d’olive, on peut légitimement s’interroger sur sa formation. Lorsque l’on apprend qu’elle est responsable d’une société de nutrimarketing et nutritionniste conseil d’un groupe industriel, on peut s’interroger sur son indépendance voire son éthique… Voilà une vérite qui… démange !

Lorsque Léon Guéguen, Directeur de Recherches honoraire de l’Inra, ancien directeur du Laboratoire de nutrition et sécurité alimentaire du Centre de recherches de Jouy-en-Josas, membre de l’Académie d’agriculture de France et rapporteur à l’Afssa (ouf !), écrit un article pour dire que l’agriculture biologique n’est pas durable et que les aliments bio ne sont pas meilleurs pour la santé (voire sont plus dangereux !), on peut s’interroger sur son dogmatisme.

Les experts ont toujours été utilisés pour semer le doute chez les consommateurs. Comme le notait Al Gore dans son film "Une Vérité qui dérange", « Sur 928 publications dans des revues scientifiques, le désaccord [sur le réchauffement] était de 0%. Une autre étude sur les médias populaires a retenu un échantillon de 636 articles. Plus de la moitié (53%) disaient "C'est peut-être un problème mais peut-être pas."Pas étonnant que la confusion règne dans les esprits. » Et de citer Upton Sinclair : « Difficile pour un homme de comprendre une chose si son salaire dépend de ce qu'il ne la comprenne pas. »

D’où peut-être le fait que nombre de nutritionnistes et diététiciens Français ne veulent surtout pas s’intéresser à l’agriculture biologique : on n’aurait plus besoin d’eux !
D'ailleurs, en France, le métier de nutritionniste n'est même pas reconnu! Pourquoi en effet s'embarrasser de sérieux alors que l'industrie est enchantée de l'approximation générale ? Tant que chacun pourra s'autoproclamer "expert" pour dire ce qu'il veut et reprendre en chœur le fameux « Aucun produit n'est nocif en soi et il ne faut rien interdire », la malbouffe continuera à bien se vendre, merci pour elle!
Confronté à un expert, la première chose à faire serait donc de nous interroger sur son pedigree, ses motivations et ses éventuels conflits d’intérêt. Tous les professionnels ne sont évidemment pas malhonnête mais l’argent est la première source de corruption et il en coule davantage chez l’industriel que chez le petit artisan ou le magasin bio...


La boussole alimentaire

Dans la jungle de l’alimentation industrielle, une boussole n’est donc pas de trop pour arriver à se repérer entre les rayons et se prémunir des dangers de la chimie sauvage. L’obligation d’étiquetage imposée aux produits, noyée dans un océan de marketing et d’allégations santé, est en effet loin d’être efficace. Qui est aujourd’hui capable de déchiffrer correctement l’étiquette d’un simple gâteau industriel ?

Nous n’aimons pas passer pour des imbéciles – et nous avons peu de temps – alors nous préférons souvent zapper : « C’est une grande marque, il n’y a pas de risque », « C’est tellement bon que ça ne peut être mauvais » ou encore « Si ce n’était pas sain, ce ne serait pas autorisé »…

L’idée de cette section n’est ni de donner des sueurs froides, ni de dresser la liste exhaustive des aliments ou additifs dangereux mais de mettre plutôt l’accent sur certaines pratiques de l’industrie et suggérer quelques pistes d’aliment’action. Avec une boussole, il est plus facile de retrouver le chemin du naturel !