HISTOIRES D'AIR: LA RESPIRATION

 

Les différentes respirations     La ventilation pulmonaire
La respiration cellulaire     La respiration et les émotions


« Dum spiro, spero. Tant que je respire, j’espère »
(Proverbe latin)

 

Les Différentes Respirations


La respiration se définit en premier lieu par un échange gazeux: par exemple, chez l'homme, absorption de dioxygène (à tort nommé "oxygène") et rejet de dioxyde de carbone (à tort appelé "gaz carbonique") ou, dans le monde merveilleux des bactéries, assimilation d'ions sulfate et rejet de sulfure d'hydrogène. Dès qu'un organisme réalise des échanges gazeux, il respire!

Quatre type de respiration sont à ce titre possibles chez les animaux:

  • la respiration cutanée avec des échanges effectués via la peau: lombric, grenouille,... mais aussi dans une moindre mesure l'homme, d'où l'importance du respect de sa peau, voir www.beautebio.ch

  • la respiration branchiale où les branchies assurent les échanges entre l'eau et l'organisme: poissons, crustacés,...

  • la respiration trachéenne où l'air est conduit par les trachées jusqu'aux organes : insectes,...

  • et enfin la respiration pulmonaire des oiseaux et des mammifères.

Cette respiration ou "ventilation pulmonaire" revêt également deux aspects:

  • Les mouvements d'inspiration et d'expiration au niveau des poumons

  • Les échanges réalisés au niveau des alvéoles pulmonaires entre l'air et le sang: le sang arrive aux poumons rouge  sombre car chargé de CO2 et repart vers le cœur rouge vif, enrichi en dioxygène.

En médecine et en biologie, la respiration désigne en fait surtout la production d'énergie par les cellules, la  "fonction par laquelle les cellules vivantes oxydent des substances organiques" pour produire de l'énergie : par exemple, la dégradation du glucose grâce au dioxygène. On parlera de "respiration cellulaire" pour éviter toute confusion.

Et d'ailleurs, en parlant de "parler": sans respiration, point de parole possible!  Pour communiquer verbalement, il faut aussi du souffle et une bonne respiration permettra d'avoir une voix posée, claire et profonde. "Sous sa forme simple, naturelle, primitive, la poésie [et la parole en général] est une joie du souffle, l'évident bonheur de respirer [...]. Il est des mots qui, à peine prononcés, à peine murmurés, apaisent en nous des tumultes. Quand on sait les unir dans leur vérité aérienne, le poème est parfois un merveilleux calmant [...] Au lieu d'aspirer un air anonyme, c'est le mot vie que l'on prendra à large poitrine et c'est le mot âme que l'on rendra, doucement, à l'univers" écrit Gaston Bachelard dans L'Air et les songes.

 

 

La Ventilation Pulmonaire


La ventilation pulmonaire est le renouvellement de l'air contenu dans les poumons par l'action des muscles respiratoires, notamment du diaphragme (qui s'abaisse à l'inspire et remonte à l'expire avec un écart d'environ 8 centimètres):

  • L'air entre dans les poumons lors de l'inspiration via la trachée, les bronches, les bronchioles et les alvéoles pulmonaires, quelques 450 millions d'alvéoles qui, dépliées, couvriraient une surface supérieure à 100 m2!

  • Via ces alvéoles, le dioxygène O2 passe dans le sang et se fixe aux globules rouges. Le dioxyde de carbone (CO2) dissous dans le plasma sanguin passe quant à lui dans l'air qui demeure dans les poumons. Le sang est rouge vif s'il est riche en oxygène, bleuâtre s'il est chargé en dioxyde de carbone.

  • Expiration de cet air appauvri en dioxygène et enrichi en dioxyde de carbone. Même lors d'une expiration complète, il restera environ 1,5 litre d'air dans les poumons mais c'est vers la fin de l'expiration que l'on élimine le plus les toxines.

"Le mouvement respiratoire est à la fois un mouvement horizontal par le gonflement des poumons et l'écartement costal qui nous donne la sensation de notre propre volume et d'une certaine plénitude par cette troisième dimension reconquise, et à la fois un mouvement vertical par la perception du diaphragme qui monte et qui descend. C'est pourquoi la respiration a à voir avec l'attitude" explique Catherine Ternaux.


Deux poumons constitués de centaines de millions de petites alvéoles pulmonaires
reliées à l’air extérieur par les voies aériennes supérieures.

Voir l'animation d'une alvéole pulmonaire


En moyenne, un être humain effectue 23 000 cycles respiratoires par jour et consomme environ 8000 litres d'air (mais jusqu'à 20 000 litres selon certains auteurs). Au repos, de 12 à 20 cycles par minute seront comptabilisés selon la condition physique et les émotions ressenties. Lorsque la ventilation descend en dessous de 6 mouvements par minute ou bien s'arrête (apnée), elle doit être supplée par une ventilation artificielle.

En cas d'insuffisance respiratoire, le taux de gaz carbonique sanguin augmente, tandis que celui d'oxygène diminue, ce qui se traduit par une difficulté à respirer (appellée également dyspnée). La personne ressentira de l'essoufflement, une impression de manquer d'air et une sensation d'étouffement ou d'oppression thoracique. Le souffle sera alors généralement court et rapide, dans tous les cas très superficiel.

A l'inverse, de 6 et 10% de la population respire trop, c'est-à-dire a un apport trop important en oxygène par rapport au gaz carbonique. On parle alors d'hyperventilation ou de polypnée. Il peut être alors conseillé de respirer dans un sac en papier (en présence d'une autre personne) afin de limiter l'apport en oxygène, réguler la teneur en CO2 de l'organisme et retrouver un calme respiratoire.

Les mouvements de la respiration, contrôlés par le système nerveux autonome, sont dits spontanés, inconscients ou végétatifs: la cage thoracique se soulève tandis que le muscle du diaphragme s'abaisse ce qui entraîne une augmentation du volume des poumons, provoquant une dépression et une aspiration de l'air ("ventilation en pression négative"). L'expiration est passive: l'élasticité naturelle de la cage thoracique et le poids des viscères font diminuer le volume des poumons.

Le Syndrome d'Ondine se manifeste par l'absence totale de respiration spontanée (aucun réflexe ventilatoire). Le patient pouvant oublier de respirer, il doit, la nuit, être placé sous ventilateur.

Au-delà de cette pathologie, il serait toutefois bénéfique de respirer en conscience et ce n'est donc pas un hasard si la respiration est la seule fonction vitale dépendante du système neuro-végétatif que l'on puisse contrôler. Du yoga à la cohérence cardiaque en passant par la respiration profonde ou le Qi gong, de nombreuses techniques nous aideront à ne plus respirer superficiellement. Voir la section Solutions.


 

 

La Respiration Cellulaire


La respiration cellulaire est une réaction d'oxydoréduction qui fournit l'énergie nécessaire à une cellule pour fonctionner.  Le terme "respiration" en médecine ou biologie fait référence à ce processus.

"Toutes les cellules de notre corps respirent et c'est au niveau cellulaire qu'est déclenché le phénomène respiratoire, car chaque cellule a besoin d'oxygène pour [entre autre] brûler ses déchets. Nous sommes une immense respiration." écrit Catherine Ternaux.

 

Cette respiration cellulaire nécessite :

  • du glucose, provenant soit de la photosynthèse (cas des plantes), soit de la digestion ou des réserves, alors apporté par la circulation sanguine.

  • du dioxygène (O2), extrait de l'air par la ventilation pulmonaire et apporté à la cellule par la circulation sanguine. Il s'agit ainsi d'une réaction "aérobie", c'est-à-dire nécessitant un environnement oxygéné, au contraire des réactions "anaérobies".

Et elle produit :

  • du dioxyde de carbone (CO2), dissous dans le plasma et évacué par la circulation sanguine

  • de l'eau (H2O) ;

  • parfois de l'urée si le carburant contient de l'azote (ex. : acides aminés).
     

Chez un adulte, le cœur pompe au repos environ 4,5 litres de sang par minute. Ce sang contiendra environ 1.5kg d'hémoglobine qui transportera 1.5g de dioxygène. Un adulte au repos consommera ainsi environ 1.5 gramme d'O2 par minute.

Une cellule sans accès à l'oxygène ne peut pas respirer et meurt. C'est par exemple le cas des neurones.

Variante moins extrême: les cellules musculaires, lors d'un effort physique intense, ne reçoivent pas suffisamment d'oxygène et vont alors procéder à une fermentation lactique afin de fournir l'énergie supplémentaire. On devient un sportif mais on acidifie dans le même temps son organisme tout en créant, via une respiration plus intense, un surplus de radicaux libre (voir la section spécifique). Résultats pour les sportifs de haut niveau: un vieillissement prématuré de l'organisme! Navré pour le mythe de la performance: l'exercice physique est bon pour la santé, mais certainement pas le sport intensif durant des années!

Pour plus de détails sur l'oxygénation cellulaire, voir aussi la Section Solutions "Oxygénation cellulaire"

Sur le paradoxe de l'oxygène, indispensable à la vie mais vecteur d'oxydation et de radicaux libres, voir la section Radicaux libres.

 

 

La Respiration et les Emotions

« La respiration c'est à la fois vitalité, action, amour,
esprit de communion, intuition, prémonition, mouvement
 »
(Itsuo Tsuda, 1914-1984)


S'il était encore besoin de démontrer que corps et esprit sont liés, la respiration serait un excellent exemple pratique! 
Comme nous l'avons vu dans la section Symboliques, le mot "Esprit" découle ainsi du latin spiritus « souffle, vent » , dérivé du verbe spirare qui signifie « souffler ».

Dans les expressions courantes, "avoir le souffle court", "avoir le souffle coupé", "être à bout de souffle" ou "retrouver un second souffle" expriment le fait d'être excité, surpris, excessivement fatigué ou au contraire d'arriver à retrouver de l'énergie.

Nos émotions influent en effet directement sur notre respiration: lorsque je suis stressé, le système nerveux sympathique (SNS) accélère le rythme cardiaque, augmente la tension artérielle, libère de l'adrénaline et de la noradrénaline et, dans le même temps, accélère la fréquence respiratoire au risque de se retrouver en polypnée, en surplus d'oxygène par rapport au CO2.  La contraction des muscles de notre abdomen rend en outre la respiration plus haute et superficielle.

A l'inverse, lorsque le danger ou le stress est passé, le système nerveux parasympathique (SNP) ramène l'organisme à sa vitesse normale de croisière. Il ralentit le rythme cardiaque, fait baisser la tension artérielle et libère de l'acétylcholine, un neurotransmetteur qui accompagne les états de relaxation, de calme et de régénération cellulaire. Dans le même temps, le rythme respiratoire s'apaise et s'abaisse au niveau du ventre.

Vous pouvez d'ailleurs faire une expérience:

  • Levez-vous et commencez à respirer très rapidement et bruyamment par la bouche sur quelques dizaines de cycles. Comment vous sentez vous ?  Sans doute passablement excité...

  • Maintenant ralentissez votre rythme en comptant 5 secondes à l'inspire (par le nez) et 5 secondes à l'expire (par la bouche). Vous voilà immédiatement beaucoup plus calme!

Démonstration est faite que le rythme respiratoire influence directement (et rapidement) notre état d'esprit. Nous verrons ainsi dans la section Solutions différentes techniques respiratoires pour reprendre le contrôle de son souffle... et de ses émotions! 

"La respiration est un guide infaillible sur le chemin de la connaissance de soi. Elle est le miroir de notre état. Il en résulte que des exercices respiratoires constituent une aide précieuse nous permettant d'entamer un travail en profondeur sur notre moi. C'est la respiration qui nous offre la possibilité de contrôler notre moi profond et constater les progrès que nous faisons" écrit Alice Schaarschuch, spécialiste de la rééducation respiratoire (citée par Suzanne Barknowitz dans son livre La Respiration, une fonction vivante).

Concluons avec les belles paroles de la Sophrologue Bénédicte Fieller: "Calme ou haletante, profonde ou saccadée, notre respiration reflète notre état émotionnel. A l'interface du conscient et de l'inconscient, l'activité respiratoire est le meilleur moyen de se connecter à son corps. Thich Nath Hanh écrit : « Inspirant, je calme mon corps , expirant, je souris, demeurant dans l’instant présent, je reconnais toute la merveille de cet instant »…

 

Sources (de précisions):
Wikipedia
http://www.e-sante.fr
http://www.psycho-ressources.com
https://fr.vikidia.org/wiki/Respiration
Catherine Ternaux, Respirer la vie, La Table Ronde, 2003

 

 

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